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    Culture dans les fermes

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    Oh la ferme ! - Chants à travers champs

    Un hommage en musique au monde agricole d'aujourd'hui.

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Artiste : Annette Banneville - Emmanuel Ricard
Agriculteur : Ferme de la Motte au mesnil Gilbert, Daniel Fortin
Projet terminé
Musique

Un hommage en musique au monde agricole d'aujourd'hui.

Première visite à la ferme de la Motte

C’est d’abord avec l’idée de collecter d’anciennes chansons qu’Emmanuel Ricard, percussionniste/recycleur/chercheur de sons, et moi avons débarqué.
Mais en faisant le tour de la ferme (on nous a prêté des bottes) et en parlant avec Anne, Rachel et Daniel, de nouvelles idées sont venues bousculer notre propos de départ…

Mais commençons par les présentations :
La ferme de la Motte, au Mesnil-Gilbert, entre Brécey et Sourdeval, est située au coeur des magnifiques paysages de bocage de la vallée de la Sée.
Elle est actuellement exploitée par Daniel Fortin, qui y vit avec sa compagne Rachel Lemarchant et leurs deux fils.
Vivent également à la ferme Anne Lemarchant, qui propose chambres et table d’hôte à la ferme, ainsi que les parents des filles : Agnès et Marcel Lemarchant, qui occupent l’aile droite de la longère (Anne est côté gauche, et Rachel et Daniel occupent une autre maison un peu plus loin).

Par le passé, des concerts et spectacles ont été organisés en lien notamment avec le Théâtre du Préau et La Loure, comme les soirées « Bol d’art/Bol d’air », rencontres artistiques autour d’une soupe. Il y a eu également beaucoup de monde à la ferme lors de la dernière « Fête du lait bio » (record d’affluence pour la Manche !).
Anne et Rachel chantent toutes les deux, jouent de l’accordéon diatonique, de la clarinette… et sont adhérentes de La Loure (www.laloure.org).
Daniel - qui nous dit avoir fait du théâtre jadis - membre du conseil d’administration du GAB (groupement d’agriculteurs bio) de la Manche, est sensible à l’idée d’un nouveau regard porté sur ce qui se vit en milieu rural aujourd’hui, ainsi qu’à l’idée de transmission. Il est soucieux du désintérêt des nouvelles générations pour le travail agricole, malgré l’essor du bio, et aimerait présenter une autre image de son métier.
C’est tout de suite clair pour nous : la ferme de la Motte est bien la ferme adéquate à partir de laquelle développer ce type de projet, avec une grande demande d’ouverture, d’échanges, et de convivialité : « qu’il se passe des choses ici aussi ! ».


Par rapport à notre projet de départ…

… l’essentiel reste mais l’objet de collectage a bougé.
Avec Emmanuel, nous avons beaucoup parlé pour présenter ce que nous avions en tête, et nous avons aussi beaucoup écouté, afin d’entendre comment ce projet pouvait faire écho, comment les envies pouvaient se rejoindre et faire sens ensemble.

Ce qui a changé

- Au cours de la conversation, ça a fait « tilt » quand Rachel et Daniel nous ont parlé de moments privilégiés, moments préférés, pour eux, pour le père de Rachel (qui a transmis la ferme à Daniel), moment par exemple du petit matin quand on sort les vaches « ça ne lui a jamais coûté ». Ils ont parlé d’odeurs, de la salle de traite quand le jet a tout nettoyé, du tempérament des vaches : bilieux, lymphatique, nerveux, sanguin… auquel correspondent des huiles essentielles avec lesquelles Daniel soigne ses animaux, de l’importance de l’eau, de la présence des oiseaux.
- Et puis il y a le son du travail de Daniel, les machines (qui peuvent devenir des tourneries rythmiques), les gestes et les outils, le bruit des bottes dans la boue (et la bouse séchée qui craque), le tracteur, les appels, les animaux.
Ca nous a tout de suite donné envie d’orienter le projet différemment : de collecter non plus de vieilles chansons ou histoires, mais de capturer l’expression de moments sensibles, racontés par ceux qui vivent sur la ferme et ses environs, qui y viennent ou sont venus pour donner un coup de main, en collègues, en voisins… de récolter des mots qui parlent de cette terre qui est la leur.

Ce qui n'a pas changé (ou presque)

1- Notre objet est une nouvelle création qui s'est construite au travers de rencontres et échanges lors du temps de résidence :
- collectage de moments de vie, d’aujourd’hui et d’hier, témoignages de modes de vie et de travail sur cette terre du Val de Sée
- mise en musique, en sons, en images de ces témoignages, afin de leur donner une existence poétique, un éclairage qui magnifie le lien à la nature, à un territoire donné, le respect d’un temps long, le temps du travail de la terre.
Pour Emmanuel s’est ouvert un grand chantier d’exploration afin de dégager des sonorités qui ont servi de terreau à la composition : utilisation de matériaux, outils, bruits de la vie de la ferme et aussi de la nature environnante, sous forme d’enregistrements et d’utilisation d’objets sonores en direct.
Nous étions accompagnés pour la prise de son par notre régisseur fétiche Isaac Azoulay.
Nous avons à partir des témoignages et des matériaux sonores ainsi récoltés composé des musiques sans exclure l’intégration d’éléments traditionnels. Une façon de réinventer ensemble un « néofolklore à nous ».
Sur la base de ce travail mené dans un premier temps par Emmanuel et moi, nous avons développé le répertoire avec les musiciens du quintet Folksongs, leurs idées d’arrangements, le recours à d’autres instruments empruntés au jazz et aux musiques actuelles. Ce fût l’occasion d’approfondir nos recherches menées avec Folksongs (www.folksongs-quintet.net, cd Petit Label 2011), et Le Pépin du jardin (coproduction Jeunesses Musicales de France).

2- L’objet du projet est donc de solliciter les habitants de la ferme de la Motte, du Mesnil-Gilbert et au-delà, afin de les inviter à s’investir dans le processus de création :
- par les témoignages, mais aussi
- par des rencontres chant et univers sonores pour des enfants, et des adultes, qui sont reliés à la création (temps scolaire et périscolaire).
J’imagine un groupe de voix d’enfants, et un groupe de voix de vieilles personnes qui chantent sur notre répertoire… et Emmanuel de son côté aime à faire découvrir comment peuvent résonner objets de récupération et matériaux naturels qu’il va utiliser, afin d’entrer dans son univers de composition. Ces rencontres se sont faites à l’école, à la ferme, dans les champs, sur la place du village, à la boulangerie …
- par les veillées du vendredi (on aime beaucoup l’idée « Bol d’art bol d’air ») qui sont l’occasion, à l’issue de chaque semaine de résidence de présenter une étape de travail, et de partager un repas, puis d’ouvrir à qui veut nous rejoindre pour chanter, jouer, raconter… bref, pour faire un boeuf (bio).
- par des « matinées chantées » parents/enfants ouvertes à tous, le samedi à la ferme, pour venir chanter accompagnés par Emmanuel + un musicien du quintet.
- par un suivi multimédias des résidences, des rencontres... avec un petit groupe de collégiens (collège Brécey ou club médiathèque), qui rend compte du projet sous forme d’un reportage photo/vidéo et d’un blog, permettant ainsi de conserver la trace de notre parcours commun.

Calendrier

3 semaines de résidence (du lundi au samedi)
- 1 semaine à l’automne 2015 (octobre novembre)
- 1 semaine en hiver 2016 (janvier)
- 1 semaine au printemps 2016 (avril)

Avec des rendez-vous de présentation en mai/juin et à partir de la rentrée 2016